31 juillet 2008

Abbaye de Fontevraud

Retour sur une superbe journée à l’Abbaye Royale de Fontevraud...
.Je ne vais pas vous retranscrire tout le guide de visite reçu à notre entrée et je pense que les photos parleront d’elle-même quant à la grandeur, la beauté des lieux et leur sérénité mais quelques infos s’imposent tout de même, histoire de comprendre ce que vous découvrez.
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Ce lieu fut une abbaye de 1101 à 1792, une prison centrale de 1804 à 1963 et est aujourd’hui un centre culturel et de rencontre.
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Nous rentrons directement dans le vif du sujet une fois passé l’accueil : face à nous l’église abbatiale.
.J’ai vraiment eu un sentiment d’immensité et ce n’est que bien plus tard que j’ai compris pourquoi : c’est la première fois que je voyais une église vide, sans chaise, banc ou prie-Dieu.
. Un mot sur les gisants :
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"Dès les premières années de la fondation de Fontevraud, la famille d’Anjou se montre généreuse envers l’Ordre naissant. Henri II Plantagenêt et son épouse, Aliénor d’Aquitaine, ont, eux aussi, été des donateurs et des protecteurs attentifs. Deux de leurs enfants sont d’ailleurs en partie élevés à Fontevraud : Jeanne d’Angleterre et son frère Jean-sans-terre. C’est en venant aux obsèques de son père Henri II, avec lequel il s’était longtemps querellé de son vivant, que Richard Cœur-de-Lion fut frappé par le repentir et demanda à être inhumé auprès de lui.
Il le sera à sa mort en avril 1199."

. "Jeanne d’Angleterre, épouse de Raymond VI, comte de Toulouse qui prit l’habit fontevriste peu de temps avant sa mort, est inhumée en juillet 1199, auprès de son père et de son frère dans l’abbatiale.
La reine Aliénor, veuve, frappée durement par la disparition de la plupart de ses enfants, se retire à l’abbaye, y meurt et y est ensevelie en 1204."

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"D’autres membres de la famille royale rejoindront Henri II dans sa nécropole : Isabelle d’Angoulême, sa belle-fille, morte à Fontevraud sous l’habit religieux, Raymond VII de Toulouse, son petit fils.
Le cœur du roi Jean-sans-Terre, son fils, le cœur du roi Henri III, son petit-fils, y furent également transférés.
Quatre magnifiques gisant en polychromes sont encore conservés dans l’abbatiale.
Trois sont en pierre : ceux d’Henri II, d’Aliénor et de Richard."

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"Le quatrième, celui d’Isabelle, est en bois."
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Au sortir de l’église, en passant par une petite porte, nous arrivons dans le cloître du Grand-Moûtier.
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C’est toujours la partie que je préfère dans les abbayes.
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J’aime le calme, la quiétude qui s’en dégage mais aussi le lien ténu entre la nature, la pierre et les hommes.
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Je découvre la salle capitulaire...
"C’est dans cette salle que se tenaient les différents chapitres : chapitres généraux, chapitre conventuels, chapitre administratifs ainsi que diverses cérémonies liturgiques."
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"Le portail présente des sculptures finement fouillées."
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"De chaque côté de ce portail, on trouve deux fenêtres géminées à caissons représentant différents saints, taillés en faible bas-relief."
. "Les murs ont été peints vers 1563 par un artiste angevin Thomas Pot et figure des scènes tirées des Evangiles."
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Je ressors de la salle...assise un instant seule, je m’imprègne de cette atmosphère si particulière au lieu de culte.
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Des yeux noirs me tirent bientôt de ma méditation…
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Je continue la visite..."La communauté se réunissait à certaines heures de la journée dans le Chauffoir pour y effectuer des travaux manuels ordonnés par la Règle : broderie, écriture.
C’était la seule salle chauffée de l’abbaye, concession à la Règle pour éviter les doigts gourds impropres à ce type d’activité."
Dans cette pièce, on peut voir un tableau reprenant les activités de chaque sœur.
Cousine aimait particulièrement celles-ci :)

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J'arrive dans la cour Saint-Benoît où furent édifiées au XIIème siècle les infirmeries.
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Au nord de la cour, se trouve la chapelle Saint-Benoît qui date de la seconde partie du XIIème siècle.
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Sous les arches, derrière une vitre, je découvre le Jugement dernier installé dans la chapelle des morts.
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Il serait antérieur à 1199.
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Mais ce n’est pas tout ça… le merveilleux nous attend !
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En effet, si nous avons entrainé Cousine et toute sa petite famille à l’abbaye c’est pour une raison bien particulière...
Comme tous les ans, l’abbaye propose une exposition tournée vers un ou plusieurs artistes et cette année elle nous emmène dans le monde magique de Paul Grimault, Isao
Takahata et Hayao Miyazaki alors en sachant que le mari de Cousine est fan de Miyazaki, la visite s’imposait !
Dès notre arrivée d
ans l’ancien grand dortoir, nous sommes mis dans l’ambiance !
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La coquillette est tout d’abord intriguée : "On peut toucher ?"
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Oui ! "Et on peut même danser !"
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Ma filleule a déjà trouvé une petite place.
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Le lieu est vraiment fantastique et permet un agencement autre que les classiques panneaux accrochés au mur.
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On découvre Paul Grimault, père du dessin animé français et auteur du "Roi et l’oiseau".
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Plus loin, je plonge dans l’univers magique du "Tombeau des lucioles", de "Princesse Mononoke", de "Mon voisin Totoro", du "Voyage de Chihiro" et bien d’autres chefs-d’œuvre.
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Une superbe exposition qui, je pense, a plu à tout le monde :)
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Pendant que la petite famille retrouve la sortie, avec namoureux nous faisons un détour par les souterrains…
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Brrr, s’il y faisait très frais, je n’ai tout de même pas traîné !
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Nous avons rejoint la sortie en passant par les étages…
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Ce qui nous a amené à l’ancienne cuisine.
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Rien ne laisse deviner l’utilité de cette pièce, sauf peut-être le nombre de cheminée : 21 !
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En voici le plan : Les arcs sont figurés par les traits et les 21 conduits de cheminées par des boutons de nacre.
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Personnellement, je trouve le toit magnifique.
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Nous ressortons par où nous sommes arrivés, dernier regard vers la petite maison juste à côté de l’église.
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Tout cela à donné soif et faim ! Une collation s’impose.
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Ce fut une superbe journée et nous reviendrons certainement à Fontevraud avec amoureux, pour flâner dans les jolies rues et découvrir d’autres trésors de la Loire aux alentours.
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4 commentaires:

Thierry a dit…

Ton reportage est passionnant et enrichissant ! En outre, la lumière était parfaite, ce qui t'a permis de tirer le meilleur parti photographique des lieux et de cette architecture que je rêve de découvrir depuis fort longtemps. C'est donc décidé : nous irons à notre tour à Fontevraud dans les tous prochains jours !
PS : Tu es une excellente ambassadrice des beautés du Val de Loire.

Stéphanie a dit…

Thierry > Merci pour ce très beau compliment !
Le Val de Loire nous offre tant de choses à découvrir !
J'espère que tu apprécieras autant que moi la visite et que nous aurons l'occasion d'échanger nos impressions de vive voix !

Beo a dit…

Cette visite guidée est vraiment aussi bien documentée historiquement que visuellement.

Magnifique!

Papilles et Pupilles a dit…

Nous y sommes allés l'année dernière et j'avais adoré l'endroit. J'avais beaucoup aimé le jardin aussi avec toutes les espèces de plantes. Un bien joli endroit.